Alphonse Bertillon

Alphonse Bertillon est un criminologiste français de la fin du 19e siècle qui a inventé une méthode scientifique qui permet l’identification des délinquants d’après 14 mensurations différentes. Ce système, qu’on appelle «anthropométrie judiciaire» a permis d’appréhender de nombreux criminels, et a été utilisé dans toute l’Europe et aux États-Unis jusque dans les années 70.

Alphonse Bertillon est né à paris le 24 avril 1853. Il est le fils du statisticien Louis Adolphe Bertillon, qui n’est autre que l’un des fondateurs de la démographie française.

On est en 1870. Il a 17 ans lorsqu’il entre à la Préfecture de Police de Paris en tant que simple employé. Il a en charge le classement des dossiers sur les criminels notoires.

Quelques années plus tard, en 1882, il est nommé chef du service photographique de la Préfecture.

C’est à ce moment là qu’il fait une découverte surprenante. Il réalise qu’en prenant 14 mensurations osseuses différentes (taille debout et extension en envergure, de l’extrémité des doigts d’une main à celle de l’autre main, longueur du tronc, hauteur en position assise, longueur et largeur de la tête, dimension de l’oreille droite, du nez, longueur du pied, du médius, de l’auriculaire et de l’avant-bras gauche) sur n’importe quel individu, il n’y a qu’une chance sur 286 millions pour qu’un 2e individu ait les mêmes mensurations.

Très vite, il a complété ses mensurations par l’enregistrement des signes particuliers comme la couleur des yeux, les cicatrices et les difformités.

Toutes ces données sont enregistrées sur cartes et classées par rapport à la longueur de la tête. Pour achever parfaitement ces cartes, Alphonse Bertillon prend des clichés  de chaque individu lors de son arrestation.

 

Un succès mondial

Cette nouvelle méthode d’identification fait rapidement grand bruit en France, dans tous les pays d’Europe et même jusqu’aux États-Unis. Alphonse Bertillon vient d’inventer l’anthropométrie judiciaire. Et son nom va donc faire le tour du monde puisqu’elle sera vite renommée «le système Bertillon» ou le «Bertillonnage».

Fiche anthropométrique

Et dès lors, tous les établissements pénitentiaires se dotent d’un matériel spécialisé pour procéder à toutes les mensurations: table, tabouret, toise, compas de proportions, tablette et encreur pour prise d’empreintes digitales.

A l’heure où les techniques policières françaises sont d’un autre âge, la découverte d’Alphonse Bertillon fait alors grandement avancer le travail des officiers de police judiciaire.

 

Des arrestations célèbres

C’est grâce à lui qu’on doit notamment l’arrestation de l’anarchiste Ravachol ou d’Henri-Léon Scheffer. Cette dernière arrestation a eu lieu le 24 octobre 1902 grâce aux empreintes digitales relevées par Alphonse Bertillon. Certes il n’a pas été l’inventeur mais c’est lui qui a utilisé pour la 1ere fois cette technique.

Dès 1907, les «brigades du tigre», les brigades de police mobile de Georges Clémenceau, utilisent le «Bertillonnage» pour appréhender grand nombre de malfrats et de meurtriers.

Typologies de criminels

En revanche, il ne s’avère pas expert en graphologie puisque pendant l’affaire Dreyfus, il est intervenu à la demande de l’accusation, dans le débat qui devait décider si l’écriture du bordereau était celle ou non du capitaine Dreyfus. Sous la pression de l’armée, Alphonse Bertillon a affirmé que Dreyfus en était l’auteur, contre-vérité démontrée après.

Il est mort le 13 février 1914 mais son système lui a survécu. En 1916, la police judiciaire a même créé un laboratoire de l’identité judiciaire.

Et le «système Bertillon» a eu son heure de gloire jusque dans les années 70, où les forces de police ont préféré utiliser les empreintes digitales puis génétiques, plus précises que le système du criminologiste français.

 

Alphonse Bertillon en quelques dates

  • 24 avril 1853: naissance d’Alphonse Bertillon
  • 1870: il entre à la préfecture de police de Paris
  • 1882: il invente l’anthropométrie judiciaire
  • 24 octobre 1902: il utilise pour la 1ere fois les empreintes digitales pour attraper Henri-Léon Scheffer
  • 13 février 1914: mort d’Alphonse Bertillon
  • 1916: «naissance» du laboratoire de l’identité judiciaire
  • 1970: on abandonne le «bertillonnage » au profit des empreintes digitales puis génétiques

 

Bibliographie

Bibliographie 

  • Le portrait parlé et les recherches judiciaires, avec dessins et planches
    Louis Marchesseau
    Marchal et Godde
    1911
     
  • Vie d’Alphonse Bertillon, inventeur de l’anthropométrie
    Suzanne Bertillon
    Gallimard
    1941
     
  • Crime, Science et Identité. Anthologie des textes fondateurs de la criminalistique européenne (1860-1930)
    Nicolas Quinche
    Slatkine
    2006
     

Articles d’Alphonse Bertillon 

  • «L’identité des récidivistes et la loi de relégation»
    Annales de démographie internationale
    1883
     
  • «Notice sur le fonctionnement du service d’identification de la préfecture de police, suivie de tableaux numériques résumant les documents anthropométriques accumulés dans les archives de ce service»
    Annuaire statistique de la ville de Paris
    1887
     
  • «Les noms propres : calcul de leurs combinaisons orthographiques»
    La Nature
    1888
     
  • «Photographie judiciaire à la préfecture de police de Paris»
    La Nature
    1889
     
  • «Document de technique policière. Affaire Renard et Courtois, assassinat du financier Y»
    Archives d’anthropologie criminelle et de médecine légale
    1909
     
  • «Le Dynamomètre d’effraction»
    La Nature
    1910
     
  • «La photographie judiciaire de la préfecture de police à l’exposition de Gand»
    La Nature
    1913