Angelo DiMarco

Angelo di Marco, également connu sous le pseudonyme d'Arcor, est un reporter et dessinateur français de bande-dessinées, particulièrement réputé pour ses illustrations de faits divers parues dans différents mensuels ou quotidiens français. Attiré par l'introspection et le réalisme, Angelo di Marco se révèle être particulièrement doué pour retranscrire de multiples émotions dans ses planches illustrées. Éclairage sur un artiste contemporain des plus prolifiques. 

Angelo Di Marco est né en 1927. Peu d'informations circulent sur son enfance ou sur sa famille. 

En 1948, à 20 ans à peine, Angelo di Marco commence à réaliser des illustrations de faits divers pour le magazine Détective, qui restera son plus fidèle client jusqu'en 1990.

Il faut dire que Di Marco manie le crayon avec dextérité et sensibilité, cette dernière l'emmenant à traiter les crimes de façon originale.

En effet, ses illustrations laissent peu de place aux cadavres ou corps mutilés, comme on pourrait l'imaginer lorsque l'on évoque les illustrations de faits divers. Angelo di Marco préfère donner à voir la seconde précédant le geste fatal, laissant ainsi le crime en suspens, au gré de l'imagination des lecteurs. 

Le revolver est sur la tempe, mais la balle n’est pas encore partie, le poignard est brandi, mais n'a pas encore transpercé le coeur...

Choisissant tantôt l'angle du tueur, tantôt celui de la victime, Angelo Di Marco traduit les sentiments les plus profonds des personnages qu'il dessine, et ce, quelques instants avant le geste fatal. “Quand je dessine une femme traquée par un sadique, je souffre avec elle”, explique Di Marco. 

Ainsi, le suspense est au rendez-vous, Angelo Di Marco l'admet lui-même: «Je recherche des effets de cinéma. J’aime bien recourir à des vues plongeantes qui dramatisent la scène. Parfois, je me concentre sur le regard épouvanté de la victime de façon à placer le lecteur en position inconfortable de voyeur ou d’agresseur.»

 

Un crayon fin psychologue

Ses illustrations de faits-divers s'appuient à la fois sur les indices retrouvés a posteriori sur la scène du crime et à la fois sur les témoignages recueillis lors de l'enquête. Egorgements, séquestrations, crimes à l'arme blanche, aucune scène macabre n'échappe à la précision de son trait. 

Grâce à un choix des angles méticuleux, à une qualité expressive des personnages, on s'y croirait presque ! En combinant ces éléments, Angelo di Marco retranscrit les secondes précédant l'acte criminel, conférant à ses dessins le statut d'instantanés qui se substituent à la photographie.

C'est ce style hyperréaliste qui lui donnera ses petits quart-d'heure de gloire, comme en 1959, où grâce à un de ses portraits robots, la police a pu identifier un criminel.  “On est allé à la PJ et, pendant trois heures, la voisine de palier de la victime m’a décrit le type qu’elle avait entrevu. On a publié le portrait à la une de Détective et, peu après, le gars a été arrêté, explique-t-il. Maintenant, il y a les simulations sur ordinateur. Mais à l’époque, c’était pas mal, non?”

Angelo di Marco a réussi à créer un univers réaliste, où la douleur et la peur sont reines, mais il ne s'interdit pas l'humour ou la dérision, qualités qui lui confèrent l'attribution de dessinateur fétiche des faits divers. 

D'aucun le comparent avec Alfred Hitchcock dans cette capacité à mettre en scène la peur avec une certaine dose d'humour. 

En témoignent les titres de ses illustrations, qui traduisent bien le caractère dramatique des crimes, tout en portant un soin tout particulier à l'insolite qui s'en dégage. 

"Un paysan meurt écrasé par son propre boeuf"... "Elle achève son mari sur son lit d'hôpital"

 

Les faits-divers donneront à Angelo di Marco ses lettres de noblesse. Mais loin de se contenter d'un seul genre illustratif, di Marco multiplie les cordes à son arc. La télévision, la presse du coeur ou le roman, lui permettront d'utiliser son talent pour traduire d'autres types d'émotions, plus enclines au romantisme.  

 

Un artiste aux multiples facettes

Angelo di Marco est un illustrateur aux compétences multiples. Du fait divers aux scénari de télévision, Angelo di Marco nous prouvera l'étendue de ses compétences. Mais un domaine retient plus particulièrement son attention: la bande-dessinée. 

Surfant sur sa notoriété acquise grâce aux faits-divers, Angelo di Marco publie dans Bravo et dans Le Parisien Libéré, sa 1ère bande-dessinée: Capitaine Ardant. 

Capitaine Ardant

Puis en 1960, Télé 7 Jours lui commandera des planches d'Ivanhoé, et Télé Poche fera de même pour Le Petit Shérif et les Trois Mousquetaires. 

Après la BD de Presse, les romans-feuilletons qu'Angelo di Marco publie dans les magazines Ici Paris et France Dimanche, lui offrent de nouvelles perspectives. 

Ainsi, dans les années 1990, Angelo di Marco poursuit sa carrière en publiant 2 albums BD: l'adaptation de la série télévisée K2000, puis Yankee. 

Yankee

Loin de s'arrêter là, Angelo Di Marco s'essaie  à un nouveau genre: la bande-dessinée érotique. 

Sous le pseudonyme d'Arcor, Angelo di Marco publie, chez Bédéadult', Dr Sex, un praticien possédant une clinique quelque peu spéciale, où il forme des jeunes femmes afin qu'elles deviennent des reines du sexe. 

La clinique de tous les désirs (crédit photo,CAP 1993 Arcor/Filippini)

Arcor signe également Pot Bouille, adaptation du roman éponyme d'Emile Zola, dans une version nettement plus sulfureuse. Octave Mouret débarque à Paris,  et se retrouve habitant d'un immeuble où adultères et intrigues sont choses courantes. 

Planche de Pot bouille

Après 60 ans de métier, Angelo di Marco, tout à tour illustrateur de faits-divers, auteur de bande-dessinées, et dessinateur érotique, admet avoir quelques tabous. “Je n’aime pas trop mettre en scène des enfants persécutés et, en général, je peins les victimes en blanc et les agresseurs en noir, comme ça on ne risque aucune confusion”, déclare-t-il. 

En 2000, ses confrères lui remettent le Michel-Ange de la presse, reconnaissant ainsi son talent et son dévouement tout au long de sa carrière. 

Musée Di Marco

En 2004, la ville de Troyes offre à Angelo di Marco la récompense suprême: l'ouverture d'un musée à son nom, musée entièrement dédié au Dessin de faits-divers dans la presse. 

Pour plus d'informations, le site //www.museedimarco.com est à votre disposition. 

 

Bibliographie

ILLUSTRATIONS DE PRESSE

1948-1990 : 

BD de Presse : 

  • Agence Opéra Mundi
  • Paris Graphic
  • Télé 7 jours
  • Le Journal de Mickey
  • Vie parisienne
  • La Presse magazine
  • Mode de Paris
  • Pif Gadget
     

Romans et Feuilletons: 

  • Ici Paris
  • Mode de Paris
  • France Dimanche
     

Actualité - Faits divers: la une et pages intérieures de:

  • Radar
  • Détective
  • Le nouveau détective

 

De 1990 à 1998 : 

Collaboration avec diverses publications: 

  • Arte: particulièrement dans les films de Claire Simon)
  • Auto journal
  • Auto moto
  • Canal+: le Journal de Karl Zéro
  • France soir
  • Gala
  • Le Figaro magazine
  • Le Monde
  • L'Equipe Magazine
  • Libération
     

Albums BD:

  • K2000, 1989, Editions Dargaud
  • 20 ans de faits divers, 1989, Editions Hoebecke
  • Le Yankee, 1991, Editions Lefranc
     

Sous le pseudonyme d'Arcor:

  • Dr Sex: Tome 1, La Clinique de tous les désirs, 1990, éditions Bédéadult's
  • Dr Sex: Tome 2, 1990, éditions Bédéadult's
  • Dr Sex: Tome 3, Le Goulag, 1993, éditions Bédéadult's
     
  • Pot Bouille: Tome 1, 1997, éditions Bédéadult's
  • Pot Bouille: Tome 2: Le martinet pour l'épouse infidèle, 1999, éditions Bédéadult's
     

Expositions:

  • Musée Galerie de la Seita, Paris.
  • Galerie Rohwedder, Paris.
  • Galerie Pierre Boogaerts, Paris.
  • Galerie André Antoine, Paris.