Anthony Hardy

Anthony John Hardy, surnommé «le dépeceur de Londres», ou «Camden ripper», a tué et découpé le corps de plusieurs prostituées de Londres. Malade mental et diagnostiqué comme tel, il a pourtant été laissé en liberté assez longtemps pour commettre ces horreurs.

Anthony John Hardy est né en 1951 à Burton-on-Trent, Stafforshire dans la région des Midlands en Angleterre. Son père travaillait dans les mines de charbon. Depuis son plus jeune âge, il désire sortir de la condition sociale pauvre de sa famille. Très bon élève à l’école et au lycée, il intègre le «London’s Imperial College» pour devenir ingénieur.

Dans les années 70, sur les bancs de l’université, il rencontre sa future femme. Le couple s’envole pour l’Australie et s’installe en Tasmanie, où ils ont 2 garçons et 2 filles. Dès 1982, il semblerait que Hardy ait montré des signes de maladie mentale. Il aurait essayé de noyer sa femme. Même si aucune charge ne fut retenue contre lui, il séjourna dans une clinique psychiatrique du Queensland à la suite de cette affaire.

En 1986, le couple divorce. La garde des enfants est accordée à leur mère. Le père et la mère rentrent en Grande-Bretagne, où Hardy traque son ex-femme. Il est obligé par la loi de rester à distance, ce qu’il ne respecte pas et lui vaut de la prison.

Séjournant en hôpital psychiatrique de nouveau, les médecins diagnostiquent une neuropathie périphérique et dépression maniaque. Il aurait reçu un traitement médicamenteux suite à ce diagnostic.
 

Une découverte sordide

On retrouve Hardy au début des années 90 à Londres. Il est SDF, dort dans des centres d’accueil. C’est là qu’il commence à abuser de drogues et d’alcool qui accentuent ses troubles mentaux.

En 2000, Hardy obtient un logement de l’Etat à Camden, dans le Nord-ouest de Londres, sur Royal College Street. Ce nouveau logement est à proximité de King’s Cross, à Londres, quartier fréquenté par les prostituées. Le quartier devient son terrain de chasse. Hardy a d’ailleurs déjà été accusé en 1998, par l’une d’elles, d’agression et de viol. Mais il est relâché faute de preuves.

En janvier 2002, un voisin de Hardy alerte la police. Il pense que quelque chose cloche dans son appartement. Les policiers y font une découverte macabre. Dans l’appartement, la porte de la chambre à coucher est verrouillée de l’intérieur. Ils la forcent et découvrent le corps d’une femme nue, allongée sur le lit. Elle a des coupures à la tête, des bleus et des marques de morsures. Les médecins légistes concluent que la mort de Sally White est due à un arrêt cardiaque, malgré les présomptions de meurtre.

Anthony John Hardy - DR

Cette femme est une prostituée de 38 ans du quartier de Kings Cross à Londres. Elle est connue pour sa dépendance au crack, ce qui peut expliquer, en plus d’un problème médical génétique, son attaque cardiaque. Néanmoins, la découverte de son corps dans l’appartement de Hardy pose question. Mais les poursuites s’arrêtent étant donné la conclusion des médecins: «décédée de mort naturelle».

Le 30 décembre 2002, un SDF fouille dans des poubelles du quartier de John Hardy. Il trouve dans un sac les morceaux  de 2 jambes humaines. Il se précipite à l’hôpital le plus proche avec ses trouvailles. La police est contactée. Finalement, la police découvre 8 sacs contenant des morceaux de corps humains, et en particulier le torse d’une jeune femme. La police identifie 2 corps de femme, tuées sans doute au moment de Noël 2002.

Les pistes suivies par la police les mènent à l’appartement de John Hardy. Là, des preuves accablantes accusent Anthony John Hardy: du sang dans la baignoire, une chaussure de femme, des reste de peaux sur une lame de scie à métaux, et surtout un buste de femme dans un sac poubelle.

Immédiatement, l’homme est recherché par toutes les polices. Mais il demeure introuvable. Le 1er janvier, une caméra de surveillance d’un hôpital de Londres enregistre son image. L’homme s’est rasé la barbe, est-ce pour passer inaperçu? Finalement, il est arrêté le 2 janvier 2003 dans le centre de Londres, à proximité d’un hôpital.
 

Les victimes : des prostituées droguées

Peu après l’arrestation de John Hardy, la police obtient l’identité des 2 corps de femmes trouvées dans les poubelles. Il s’agit d’Elizabeth Valad, 29 ans, et de Brigitte MacClennan, 34 ans. Les 2 jeunes femmes ont de nombreux points communs.

Elizabeth Valad était une femme instable qui, depuis son adolescence, avait rompu les liens avec sa famille. Elle vivait à Londres, travaillant dans un salon de massage. Elle s’est ensuite prostituée pour financer sa consommation de crack. C’est son buste que les policiers ont trouvé dans l’appartement de Hardy. Elle fut identifiée grâce aux numéros de série de ses implants mammaires.

L’autre victime, Brigitte MacClennan, est originaire de Nouvelle-Zélande, mère de 2 garçons. Elle aussi consommait du crack qu’elle finançait en se prostituant à Camden. Hardy fut sans doute un de ses clients. Ce qui explique qu’elle ait atterri dans son appartement.

Ces 2 meurtres relancent l’enquête sur la mort de Sally White, dont le corps fut trouvé dans l’appartement de John Hardy en janvier 2002.

Le procès de John Hardy débute en novembre 2003. D’emblée, il fait une confession effrayante: non seulement il plaide coupable pour les meurtres de Elizabeth et de Brigitte, mais aussi pour celui de Sally White. Dans la suite du procès, la mise en scène macabre de leur mort est expliquée avec force de détails: Hardy entraînait chacune des femmes dans son appartement en leur promettant de l’argent. Puis il avait une relation sexuelle brutale avant de l’étrangler.

Certains journalistes ont suggéré que Hardy était probablement un nécrophile obsédé par la pornographie. En effet, une de ses motivations premières pour les crimes étaient qu’il prenait de nombreuses photos des corps morts et nus de ses victimes, dans des mises en scènes pornographiques.  La police retrouva de nombreux clichés pornographiques d’Elizabeth et de Brigitte.

Interrogés par la police, les voisins de Hardy affirmèrent qu’ils entendaient des bruits de perceuse à n’importe quelle heure du jour. Après les photos, Hardy se débarrassait des corps en les découpant et en les jetant dans des sacs poubelle.

Le 25 novembre 2003, Hardy est jugé coupable des 3 meurtres. Il est condamné à la prison à perpétuité.
 

Les failles du système de santé

En janvier 2002, quand la police découvrit le corps de Sally White dans l’appartement de Hardy, celui-ci était interné à l’hôpital pour une évaluation psychiatrique. Apparemment doué d’une intelligence supérieure, Hardy se félicitait de duper les psychiatres. Mais malgré ses efforts, les médecins décidèrent qu’Hardy étaient une menace pour la société, en particulier pour les femmes. Dans un rapport médical, il est décrit comme un homme impulsif, dangereux, sans conscience des conséquences de ses actes, avec un comportement irresponsable, incapable de prendre en compte les expériences passées, et sans aucune compassion. Le document précisait que s’il était réintégré à la société, il pourrait être sérieusement nuisible à autrui, tant physiquement que psychiquement.

Malgré ces mises en garde, Hardy sort de l’hôpital en novembre 2002, trois responsables ne le jugeant pas comme une grande menace pour la société. Les responsables en question n’auraient pas lu le rapport des psychiatres. Erreur fatale.

De plus, tout au long de la fin de l’année 2002, Hardy était suivi en hôpital de jour, ce qui était en fait très limité. Encore un alerte: les assistants de santé chargés de son suivi étaient tellement effrayés par l’homme qu’ils ne le rencontraient que dans des cafés et refusaient d’aller dans son appartement. Leur frayeur aurait dû alerter les supérieurs hiérarchiques mais rien n’a été fait. Hardy est resté libre d’arpenter les rues, sa violence obsessionnelle et meurtrière en bandoulière. Qui accuser alors? Hardy? Les responsables de sa remise en liberté ? Le système de décision dans l’hôpital psychiatrique?

Selon la police, Hardy pourrait être l‘auteur de 6 ou 7 autres meurtres de prostituées ayant des similitudes avec ceux de Elizabeth, de Brigitte et de Sally. Les recherches se poursuivent…
 

Anthony J. Hardy en quelques dates

  • 31 mai 1951: Naissance à Burton upon Trent, dans le Staffordshire, dans le centre de l'Angleterre.
  • Milieu des années 70: mariage et installation en Australie.
  • 1982: premiers symptômes de maladie mentale.
  • 1986: Sa femme l'accuse de violence domestique. Divorce et retour à Londres.
  • Années 90: séjours en hôpitaux psychiatriques.
  • 1998: Arrestation pour violence et viol sur une prostituée. Relâché pour manque de preuves.
  • 2002: Meurtres de Sally White, Elizabeth Valad et Brigitte MacClennan.
  • 2003: arrestation, procès et condamnation à l’emprisonnement à vie.
     

 


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