Charles Pellegrini

Le commissaire Charles Pellegrini est corse et défend son île avec passion. Mais ses engagements et son métier l’ont mené loin de la Corse, en Algérie d’abord, puis à Lyon et à Paris, où il a mené sa carrière dans la police jusqu’en 1990, notamment au sein de l’Office Central pour la Répression du Bandistisme (OCRB) ainsi qu’au sein de la cellule anti-terroriste de l’Elysée. Depuis, il dirige une société privée de renseignements, tout en étant écrivain à succès, alternant mémoires, thrillers et essais polémiques sur l’état des banlieues en France, avec un franc-parler qui fait grincer des dents.

Né en 1939, Charles Pellegrini a passé les treize premières années de sa vie dans un petit village au-dessus de Solenzara. Il veut devenir pilote de chasse. Finalement, ce sera la police, même si tout au long de sa vie il continuera de pratiquer l’aviation pour ses loisirs.

Engagé volontaire dans la guerre d’Algérie, il est soldat dans un commando de chasse en Grande Kabylie. Il est jeune et pense que l’Algérie devait rester française. Ce qu’il a vu là-bas l’a laissé dubitatif sur la présence française en Algérie, dira-t-il plus tard. Et il reste révolté par la façon dont ont été traités ceux qui ont apporté leur soutien à la France, au premier rang desquels les Harkis.

Après ces premières armes, il intègre l’école des commissaires de police à Lyon. Les révoltes de Mai 68 embrasent les grandes villes de France. A Lyon, il vit les affrontements côté policier. La mort d’un commissaire de police dont il est témoin le marque. Résolument du côté des forces de l’ordre, il déplore leur manque d’équipement et de préparation, en professionnel de la gestion du risque qu’il est devenu.

 

Plongée dans le grand banditisme

Pour son premier poste, le commissaire Pellegrini est affecté à Lyon, en pleine affaire du gang des Lyonnais. Pendant 10 ans, de 1967 à 1977, ce gang va défrayer la chronique du grand banditisme. À sa tête, deux hommes: Johanny Chavel et Pierre Pourrat, dit «le directeur». De 1970 à 1974, la bande, composée d’un noyau stable de huit personnes, multipliera les braquages audacieux. Leur coup le plus célèbre est le légendaire hold-up de l'hôtel des Postes de Strasbourg, en 1971. Le commissaire Pellegrini les traquera sans relâche jusqu’à la mort pour l’un, la prison pour les autres.

Charles Pellegrini

En 1973, il participe à la création de l’Office Central pour la Répression du Banditisme (O.C.R.B.). Considéré comme «l’antigang» national, l’O.C.R.B. était chargé de la lutte contre le grand banditisme. Son champ d’action recouvrait les domaines suivants:

  • les associations de malfaiteurs,
  • les vols qualifiés commis avec port d’armes, usage d’explosifs ou violences,
  • les extorsions de fonds, de signatures ou de titres,
  • les enlèvements de personnes,
  • les évasions "violentes".

De 1973 à 1981 Charles Pellegrini est chef-adjoint puis patron de l’OCRB de 1981 à 1982.

A l’O.C.R.B., Charles Pellegrini participe à toutes les affaires de grand banditisme qui se succèdent en France pendant les années soixante-dix : la bande des Zemour, la cavale sanglante de Jacques Mesrine, la traque de la «bande à Monmon», ou l'enquête sur les braqueurs meurtriers d'un membre du Club Méditerranée, à Corfou (Grèce). Pour Charles Pellegrini, les policiers de l'antigang étaient alors des héros de série noire bénéficiant d'une vraie liberté d'action et de parole.

 

Renseignements et écriture

Au début des années 1980, Charles Pellegrini a participé à la création la fameuse «cellule antiterroriste» de l’Elysée. Il fut simultanément détaché auprès des «services spéciaux» (DGSE) sous le nom de «François Lestain» où il participait à la lutte anti-terroriste. Dans le cadre de la  cellule de l’Elysée, il participa à la perquisition préfabriquée chez les «Irlandais de Vincennes» en 1983 qui fit scandale.

Est-ce en raison de quelques affaires qu’il quitte la police ou une envie de plus de liberté d’action? En tout cas, à partir de 1990, il dirige des sociétés privées de protection et d’investigation. Aujourd’hui il est à la tête de CPC, Charles Pellegrini Conseil, en tant que spécialiste en analyse de risques et en intelligence économique. Adepte des pratiques d’écoute, sans doute utilise t-il son savoir-faire en matière de renseignement pour répondre aux demandes de ses clients privés…

En parallèle de ses activités de renseignements, Charles Pellegrini a écrit plusieurs livres avec succès. C’est surtout Demain la guerre civile en 1991, puis Banlieues en flammes en 2005 et la sécurité n’existe pas en 2007 qui soulèvent des polémiques. Ne mâchant pas ses mots, Charles Pellegrini y livre son analyse de la société française et en particulier de l’état des banlieues, devenues selon lui des zones de non droit, où les actions de l’Etat ne sont qu’un paravent à une situation explosive, qui ne fait qu’empirer. Déjà en 1991 il prévoyait l’explosion des banlieues. En 2005 et en 2007, il réitère, en pointant notamment le rôle joué par les islamistes radicaux. Son credo: lutter contre le politiquement correct.

 

Charles Pellegrini en quelques dates

  • 1939 Naissance
  • De 1973 à 1981 : chef-adjoint de l’Office Central pour la Répression du Banditisme (O.C.R.B.).
  • 1981 – 1982 : patron de l’OCRB
  • 1983 – 1990 : travail au sein de la cellule antiterroriste de l’Elysée
  • Depuis 1990 : spécialiste en analyse de risques et consultant pour une société de sécurité privée et écrivain

 

Bibliographie

Auteur à succès, il a écrit plusieurs ouvrages :

  • « Flic de conviction », Editions Anne Carrière, 2008 ses mémoires
  • « Demain la guerre civile », Edition N°1 , 1991
  • « le FIS en France, mythe ou réalité », Edition N°1, 1992
  • « Cols blancs et mains sales », Grancher , 2003, thriller sur la guerre économique
  • « Banlieues en flammes », 2005, Editions Anne Carrière
  • « La Sécurité n'existe pas », 2007, Editions Anne Carrière, suite pessimiste à « Banlieues en flammes ».

Il a aussi écrit des ouvrages techniques que le RAID.

Interview de Charles Pellegrini sur France 3 Corse 2008-11-12: France 3 Corse