Jean Bruce

L’agent secret OSS 117 est le 1er héro d’une série de romans policiers écrite par Jean Bruce entre 1949 et 1963. Aventurier charmeur, cet ancêtre de James Bond est adapté au cinéma dès les années 50, et la saga connaît un succès immense. Jean Bruce livre une œuvre mémorable avec plus de 90 opus, et sa femme Josette poursuit son travail en écrivant après sa mort plus de 140 romans. Récemment, Jean Dujardin incarne avec classe et décalage Hubert Bonisseur de la Bath au cinéma.

Jean Bruce, civilement Jean Brochet, est né le 22 mars 1921 à Luzarches dans le Val d’Oise. Il s’intéresse vite à l’univers du crime. Il entre à l’Ecole Nationale de Police après des études secondaires et intègre la brigade spéciale, équivalente aujourd’hui à Interpol.

Pilote à 17 ans, il fait partie de l’aviation civile pendant la guerre et rejoint les rangs de la résistance en tant que membre actif. Une fois les combats terminés, il exerce divers métiers qui lui fourniront un matériau inégalable pour alimenter les aventures de son héros. Il est successivement employé de mairie, acteur dans une troupe ambulante, imprésario, agent d'un réseau de renseignements, inspecteur à la Sûreté, joaillier, secrétaire d'un maharadjah… Autant de contextes qui l’inspireront et lui permettront de débuter chacune de ses histoires par un fait authentique.

Il rencontre sa femme Josette dans un train, et la belle polonaise ne résiste pas à ses récits trépidants. Ses débuts littéraires se font souvent sous des noms d’emprunts tels que Jean Alexandre, Jean Alexandre Brochet, Joyce Lindsay, Jean-Martin Rouan. Son œuvre est colossale, il a écrit plus de 80 ouvrages entre 1949 et 1963. Sa femme Josette reprend le flambeau à sa mort et garde vivant le héros de OSS117. En 1987, ce sont leurs enfants Martine et François qui prendront le relais.

Passionné de voitures de sport, Jean Bruce aimait à faire des rallyes durant les vacances qu’il passait sur la Méditerranée. L’anecdote veut qu’il immatriculât toutes ses voitures 117. C’est d’ailleurs au volant de sa Jaguar qu’il meurt en 1963, dans un accident de voiture à plus de 200 km/h. Il est enterré au cimetière de Chantilly aux côtés de sa femme.

 

OSS117: Hubert Bonisseur de la Bath

Ce héros des polars de Bruce est plus connu sous son matricule OSS117. OSS parce qu’il travaille à ses débuts à l’Office of Strategic Service américain. Il sera ensuite employé par la CIA, la Central Intelligence Agency avant de servir le NSC, National Security Council. D’origine française, les ancêtres d’Hubert Bonisseur de la Bath se sont installés à la Louisiane en 1789. Décrit comme un homme de charme, ses récits d'aventures ne laissent aucune femme indifférente. Bruce crée ce personnage quelques années avant que Ian Fleming ne donne naissance à celui de James Bond. L'agent 117 est un justicier solitaire et indépendant. Il ira jusqu'au grade de colonel au sein de la CIA. Un extrait de l'oeuvre de Jean Bruce le décrit ainsi: "Hubert Bonisseur de La Bath était un solide gaillard à la carrure athlétique de sportif en pleine possession de ses moyens, au visage énergique et buriné de prince pirate. Son regard clair, à l'ironie tranquille, se posait sur les êtres et les choses avec cette assurance née d'une vie riche en aventures. Son charme ne laissait aucune femme insensible."

Enrique Sagarra est un autre agent de l'OSS. D'origine espagnole, il s'est réfugié en France durant la guerre après avoir combattu en Espagne aux côtés des républicains. Lorsque les allemands envahissent la zone libre, il constitue depuis Toulouse un groupe de résistance dont la spécialité est le sabotage et la suppression des collaborateurs. Accusé d'en avoir "trop" fait dès la libération, il fuit les français et trouve à l'OSS américain des personnes capables d'apprécier la valeur de son travail. Il finit d'ailleurs par s'installer aux USA et intègre la CIA lorsque l'OSS est dissoute. Personnage charmant et tout en finesse, Bruce le décrit ainsi: "Enrique Sagarra possédait la taille mince, les fesses étroites et le geste élégant des danseurs de son pays. Son visage était osseux, avec une mâchoire volontaire, une peau mate, des yeux de braise ardente aux paupières légèrement bridées, aux cils très longs et drus comme ceux d'une femme, une fine moustache conquérante en accent circonflexe."

De la Bath et Sagarra sont envoyés en mission par Mr Smith, le chef du service action de la CIA. Assisté d'Howard, Smith est toujours un peu enrhumé. Il possède une paire de lunettes de myope à verres épais. Ses lèvres sont grasses, il a des mains de prélat et ressemble à un très vieux bouledogue avec ses yeux larmoyants et ses bajoues.

Ce trio est à la base des histoires de Jean Bruce qui a décliné leurs aventures dans plus de 90 livres, sa femme en ayant écrit 143 de plus, et leurs enfants déjà 24. Souvent édités aux Presses de la Cités, les roman de Jean Bruce se sont vu offrir leur propre collection La collection Jean Bruce par 2 éditeurs. Tout d'abord les Presses de la cité qui publient tous les romans de la famille Bruce sans distinction, et ensuite les éditions du Fleuve Noir qui publient uniquement les romans signés Jean Bruce.

 

OSS 117 au cinéma

En 1957, OSS 117 n'est pas mort est adapté au cinéma par Jean Sacha, puis c'est Le Bal des espions qui est mis en image par Michel Clément en 1960. Entre temps Jean Bruce reçoit le prix du roman d'espionnage pour Panique à Wake, dont il propose l'un des rôles à Miss Norvège lorsqu'il la croise durant ses vacances à l'Alpes d'Huez. Il cosignera également OSS 117 se déchaîne en 1963, juste avant sa mort.

On compte environ 12 adaptations cinématographiques des romans de Jean et Josette Bruce. Les plus médiatisés sont les deux films joués par Jean Dujardin, Le Caire, nid d'espion réalisé par Michel Hazanavicius en 2006 et Rio ne répond plus... avec la même équipe en avril 2009. Ces 2 opus se veulent ouvertement parodiques, car ils reprennent les codes de l'époque (les années 50) tout en les décalant dans la société actuelle. Pari osé car la série des OSS 117 était jusque là un monument du polar demeuré vierge de toute caricature. Pari gagné cependant car l'oeuvre est respectée, et les personnages mais s'ils sont très décalés gardent leur essence et leur âme.

Pour le scénariste Jean-François Halin, les romans OSS 117 de Jean Bruce "contiennent tout ce qui fut la France des années cinquante, la quatrième République, la fin de l'empire colonial, un rapport à la femme assez macho, assez misogyne mais aussi une certaine condescendance vis-à-vis des peuples colonisés. Ces éléments ne sont certainement pas le reflet de la personnalité de Jean Bruce, mais l'expression d'une époque. Je pense que Jean Bruce aurait le recul nécessaire pour rire de ce film. Il n'était pas pensable de redonner vie à son oeuvre en respectant son premier degré original, notre monde a trop changé!"

 

Jean Bruce en quelques dates

  • 22 mars 192: Naissance de Jean Brochet à Luzarches dans le Val d'Oise
     
  • 1938: Bruce rejoint l’aviation civile pendant la guerre en tant que pilote
     
  • 1949: Publication de son 1er roman «Tu parles d'une ingénue»
     
  • 1949/1963: Ecriture et publication de plus de 90 romans
     
  • 1957: Jean Bruce adapte son roman «OSS 117 n’est pas mort» au cinéma
     
  • 1960: Adaptation du «Bal des espions» pour le grand écran
     
  • 1963: Adaptation d’OSS 117 se déchaîne» au cinéma
     
  • 26 mars 1963 : Mort de Jean Bruce dans un accident de Jaguar

Livres et films

Livres

  • Collection Jean Bruce
    Presses de la cité
     
  • Collection Jean Bruce
    Editions du Fleuve Noir
     

Films

  • OSS 117 : Rio ne répond plus
    Michel Hazanavicius
    2009
     
  • OSS 117, Le Caire nid d'espions
    Michel Hazanavicius
    2006
     
  • OSS 117 prend des vacances
    Pierre Kalfon
    1970
     
  • Pas de roses pour OSS 117
    Renzo Cerrato
    1968
     
  • Le Vicomte règle ses comptes
    Maurice Cloche
    1967
     
  • Atout coeur à Tokyo pour OSS 117
    Michel Boisrond
    1966
     
  • Furia à Bahia pour OSS 117
    André Hunebelle
    1965
     
  • Banco à Bangkok pour OSS 117
    André Hunebelle
    1964
     
  • OSS 117 se déchaîne
    André Hunebelle
    1963
     
  • Le Bal des espions
    Michel Clément
    1960
     
  • OSS 117 n'est pas mort
    Jean Sacha
    1957