Procès, condamnation et appel

Pierre Goldman purge d'abord les 9 mois de son insoumission puis reste en préventive le temps de son procès. Il est accusé du meurtre de 2 femmes assassinées lors du braquage d'une pharmacie le 19 décembre 1969, boulevard Richard-Lenoir. Il comparait également pour 3 autres braquages qu'il reconnaît avoir commis. Mais pas celui de la pharmacie. Il n'y était pas, il le clame sur tous les toits mais il a été dénoncé puis formellement identifié par des témoins.

Pierre Goldman lors de l'un de ses transferts
Pierre Goldman lors de l'un de ses transferts

Il avoue avoir été dans le quartier de l'attaque pour une toute autre affaire mais continue de nier en bloc les accusations de meurtre. Son procès déchaîne les passions et lorsqu'il est reconnu coupable et condamné à la prison à perpétuité, il reçoit des centaines de lettres de soutien, de pétitions, de marques de soutien. Lui est totalement abattu par la nouvelle, il envisage de mettre fin à ses jours. Il a occupé jusque là ses jours  d'incarcération en étudiant la philosophie, obtenant une licence, et en apprenant l'espagnol.

L'issue de son procès très politisé l'anéantit, mais une correspondance amoureuse avec une jeune antillaise rencontrée avant son arrestation le maintient en vie et il l'encourage à écrire un livre sur sa vie. Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France paraît en 1975 et connait un vif succès. L'ouvrage finit de conquérir l'opinion publique qui fait de la révision du procès de Goldman une affaire nationale. La cour de Cassation annule le verdict et un nouveau procès s'ouvre en 1976 qui conduit à l'acquittement de Goldman dans l'affaire du braquage de la pharmacie et à une peine de 12 ans pour les crimes qu'il a effectivement commis.

Pierre Goldman retrouve son honneur et sa dignité. Il se marie durant sa détention et sort quelques temps plus tard grâce aux remises de peine successives qu'il obtient.

Il est assassiné en pleine rue le 20 septembre 1979 à Paris.