Roland Agret

Roland Agret a été accusé à tort d’avoir tué un garagiste. Il écope de 15 ans de prison en 1970. Mais il ne faiblit pas. Il sort en 1977 lors d’une grâce présidentielle. Et se bat pour être innocenté. Il est acquitté et réhabilité en 1985. Depuis il ne cesse de se battre pour les autres avec son association Action-Justice qui traque les erreurs judiciaires.

Roland Agret a 32 ans lorsqu’il apprend qu’il est condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour avoir été l’instigateur d’un meurtre.

On est en 1970. Alors que s’est-il passé?

Un garagiste a été assassiné. Et sur la base de faux témoignages, c’est Roland Agret qui est soupçonné de ce meurtre. Il va rester dix-huit mois en détention préventive avant d’apprendre sa condamnation.

Roland Agret

Pourtant dès son interpellation, il nie en bloc avoir tué ce garagiste.

Et malgré son jeune âge, il reste motivé dans sa cellule pour prouver son innocence, qu’il ne cesse de clamer haut et fort.

 

Une motivation hors du commun

Il est gracié par le Président de l’époque, Valery Giscard d’Estaing, en 1977. Mais ce n’est pas par envie et plus par obligation. Cela faisait exactement un an et vingt-huit jours qu’il faisait une grève de la faim. Le Président savait que pour des raisons médicales il fallait le sortir de prison.

Condamné à tort

Cette grâce l’a soulagé mais il a continué à lutter pour que son procès soit révisé, chose extraordinairement rare.

Il en arrive même à se couper deux phalanges et les envoyer au Garde des Sceaux pour lui prouver sa ténacité.

Une hargne qui lui réussit puisque le 25 avril 1985 il est acquitté et réhabilité par la Cour d’Assises de Lyon.

Il reste à ce jour le dernier condamné à avoir été réhabilité (depuis le début du vingtième siècle, seulement six dossiers criminels sont allés au bout de la révision et se sont soldés par l’acquittement de personnes condamnées à tort).

 

Une indemnisation qui lui coûte cher

Peu de temps après son acquittement en 1985, Roland Agret reçoit 250.000 francs d’indemnisations de la part de la justice française pour les dix-huit mois passés en détention préventive.

A propos de cette indemnisation, Roland Agret a dit : «un franc ou tout l’or du monde…avec, vous ne serez jamais quitte».

En revanche, la justice reste muette pour le préjudice qu’il a subi pour les quatre ans d’enfermement qu’on lui a infligé alors qu’il était innocent.

Mon corps en otage

Il décide donc de faire cette demande. Qui est assortie d’un refus.

Pour protester, Roland Agret, qui avait déjà fait preuve d’une grande imagination pour se faire comprendre de la justice, se tire une balle dans le pied le 10 novembre 2005. Mais la commission d’indemnisation de la cour d’appel confirme le refus de payer des dommages et intérêts.

 

Action Justice

Aujourd’hui, Roland Agret a créé son association, Action-Justice, qui vient en aide aux personnes condamnées qui clament leur innocence. Il traque les injustices et lutte pour lui et pour les autres. On a entendu parler de lui dans l’affaire Dany Leprince, qui a été condamné à la perpétuité assortie de vingt-deux ans de sûreté, alors que justement ce Dany Leprince se dit innocent. A propos de cette affaire, il a même écrit un livre en collaboration avec Nicolas Poincaré intitulé «Condamné à tort».

Le combat Roland Agret

On peut noter que pendant toutes ces années, Roland Agret a écrit, beaucoup écrit. Il a écrit sur son affaire, sur celles des autres.

Il a aussi été désigné par Reporters sans frontières membre d’honneur de leur organisation le 21 avril 2008.

Enfin il est devenu chroniqueur pour l’hebdomadaire Siné Hebdo, dans lequel il tient une rubrique judicaire.

 

Roland Agret en quelques dates

  • 1970 : Roland Agret est condamné à 15 ans de réclusion criminelle
  • 1977 : libéré par une grâce présidentielle
  • 25 avril 1985 : Roland Agret est innocenté et réhabilité
  • 10 novembre 2005 : il se tire dans le pied pour protester contre le refus d’indemnisation pour ses années passées en prison

Bibliographie

  • Tous les livres cités ont été écrits par Roland Agret
  • Mon combat est le vôtre chez Grasset
  • Coupable d’innocence chez Ramsay
  • Justice soit fête (en collaboration avec Nicolas Kalamouka) chez Les Lettres Libres)
  • Pendaresse au Fleuve noir
  • Le schbeb au Fleuve noir
  • La justice à deux doigts près chez Carrère
  • T’y touches, t’y restes (en collaboration avec le collège Sainte Marie à Meyruies)
  • Et si vous saviez chez Plon
  • La Justice à marée basse chez Austral
  • La voyoucratie chez Filipacchi
  • L’amour enchristé chez Blanche
  • La Justice me fait peur aux éditions JM Laffont

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