Dossiers

Romand: Mensonges et trahisons

La tragédie

La spirale infernale

Les questions d’argent ont mis le feu aux poudres. Son beau-père est mort dans des circonstances douteuses. En 1988, il était seul dans la maison de famille avec Jean-Claude Romand. Il meurt d’une chute dans un escalier. Rien n’a jamais pu prouver la culpabilité de Jean-Claude Romand dans cette mort. Toujours est-il que son beau-père lui avait confié beaucoup d’argent à placer. Aurait-il voulu disposer de nouveau de son argent ? 

Mais, au début de l’année 1993, sa situation financière devient très tendue. Son ancienne maîtresse exige qu’il lui rende les 900 000 francs qu’elle lui a confiés. Evidemment, il ne peut pas. Il cherche à gagner du temps. Mais les pressions se font plus vives. Les comptes bancaires de ses parents sont largement à découvert. Il ne sait plus vers qui ou vers quoi se tourner. 

La spirale du mensonge se referme sur lui et sur ses proches, qui, trop longtemps, ont été des complices passifs. Sa rage narcissique va le pousser au pire. Il dira plus tard lors de son procès qu’il mentait «juste pour voir un peu de joie chez les autres». Mais c’est d’abord son propre statut d’idole qu’il cherche à protéger. Et pour maintenir son image dans les yeux de ceux qu’il aime, il doit les tuer. Il n’a pas d’autre issue. 

Les meurtres

Le 9 janvier 1993, pendant la nuit, il tue sa femme avec un rouleau à pâtisserie. Le lendemain matin, sa fille Caroline de 7 ans et son fils Antoine de 5 ans se réveillent. Ils ne doivent pas faire de bruit car leur mère dort là-haut. Il les installe devant une cassette vidéo. Puis, prétextant qu’il les trouve chaud, il fait monter Caroline dans sa chambre pour prendre sa température. Il tue sa fille d’une balle dans la tête avec une carabine de 22 long rifle. Un oreiller étouffe le bruit. Puis c’est au tour d’Antoine. Allongé sur le ventre, son père le tue comme sa sœur. 

Ensuite, il sort faire quelques courses. Il doit tuer ses parents. Il se rend dans leur chalet du Jura, à 60 km de là. Prétextant une fuite dans les tuyaux d’une chambre, son père monte, il le tue avec sa carabine. Puis c’est au tour de sa mère, montée en entendant du bruit. Il n’oublie pas de tuer leur chien. 

Reste son ancienne maîtresse. Il part pour Paris. Prétextant un dîner dans la maison de campagne de son supposé ami Bernard Kouchner, il tente de la tuer dans la forêt de Fontainebleau. Mais elle le supplie et en réchappe. Il la laisse partir. 



De retour chez lui à Prévessins, il asperge les corps de sa femme et de ses enfants d’essence, met le feu à la maison puis il ingurgite une boîte de barbituriques périmés. Trop tard, il est 5 heures du matin, les éboueurs commencent leur tournée et donnent l’alarme. Les pompiers le trouveront dans un coma profond.


Bookmark and Share