News /

Affaire JFK : Oliver Stone parle des récentes ouvertures d'archives

Le réalisateur du film sur l'assassinat du Président Kennedy est plutôt d'un avis tranché.

Oliver Stone

En 1991 le réalisateur Oliver Stone sortait son film JFK  sur l'assassinat du Président Kennedy à Dallas le 22 novembre 1963. Il mettait en image la thèse du Procureur de Louisiane, Jim Garrison, rendant responsable une conspiration, opposée à la thèse du loup solitaire de la commission officielle sous l'égide du Juge Warren, de la Cour suprême des États-Unis. Le film remporta l'Oscar de la meilleure photographie, celui du meilleur montage, et Golden Globe du meilleur réalisateur pour Stone, et une bonne place dans l'histoire du cinéma Noir.

L'eternelle enquête sur l'assassinat de JFK est un véritable marronnier. Elle fut une onde de choc qui eut un impact certain sur la politique, le journalisme et la culture américaine, surtout au cinéma. La fin d'une certaine innocence. La thèse de Garrison et le film d'Oliver Stone sont contestables et contestés. L'action de Garrison, qui enquêta peu après les événements sans l'apport de certains éléments découverts ultérieurement, eut un effet irréversible : le juge effectua des copies du fameux film amateur d'Abraham Zapruder, qui montre crûment l'assassinat, et les envoya à tous les campus américains.

L'opinion d'Oliver Stone en faveur de la conspiration est bien connue. Une bonne raison pour que le magazine américain The Wrap  lui demande ce qu'il a pensé de la récente ouverture anticipée mais partielle des archives toujours sous clé. Demandée par le Président Trump, celle-ci a été réalisée après un report de dernière minute de la date initiale. Oliver Stone : « C'est effectivement une question qu'on me pose beaucoup ». Pour lui, « Trump a été roulé » :

« Comme toujours, dans les profondeurs de l'Etat (Deep State NDT), les Grands prêtres (Chief Priests) lui ont dit "Vous ne pouvez faire cela. Securité nationale etc" La même rengaine depuis 1963. (...) » Et ce qui a été ouvert l'a été dans la plus grande confusion, entre « ce qui a été effacé/non effacé/n'est plus écrit et souvent illisible, tout est pour nous assurer que "vous voyez? Il n'y a plus rien à voir". »

Et Stone de donner en guise d'exemple que 8 des 11 pages de la CIA sur Jim Garrison sont complètement blanches. 

Il regrette également que les rapports sur beaucoup de personnages d'arrière plan mais intéressants n'ont pas fait partie de la fournée. Par exemple les politiques. Il cite  le maire de Dallas, frère d'un haut responsable de la CIA, sacké par Kennedy, ou des responsables impliqués dans la tentative de débarquement de la Baie des Cochons à Cuba, qui avait pour but de chasser Castro, et dont le fiasco fut imputé par ses protagonistes à Kennedy, qui au dernier moment refusa le soutien aérien.

Autre exemple : les document relatifs aux avis des personnalités et services étrangers. Selon lui, le KGB et Nikita Khrouchtchev étaient persuadés du complot. Ainsi que « le Président de Gaulle de France, qui concourrait à cette opinion, et qui n'a pas fait partie de la déclassification ».

Bigre !

 

Image :  Polifoto / Shutterstock.com / 498825910


Étiquettes: Oliver Stone   JFK  


Commentaires